Le peau-à-peau avec bébé vu par une auxiliaire puériculture
Le peau-à-peau avec son nouveau-né est un des sujets que nous tenons à coeur. Aujourd’hui je vous présente un petit entretien avec une auxiliaire de puériculture de la maternité de Bordeaux. Nous avons eu récemment une discussion très intéressante sur le sujet… Et les changements des dernières années, car nous nous sommes connues à la naissance de mon premier enfant. Voici les deux ensembles : gobelet de complément à la main et couveuse pour réchauffer… (Si on savait – moi et Carine – à l’époque ce qu’on sait aujourd’hui… Ce serait plutôt : chauffage en peau-à-peau sur moi… colostrum à volonté). Moi je suis à côté, j’observe « l’expert » qui s’occupe de mon bébé… Car je pensais à cette époque que les « experts » savaient mieux que moi ce qui était mieux pour nous et surtout comment faire les gestes pour s’occuper du bébé… (J’ose croire que dans certaines maternités aujourd’hui, on ne serait pas au complément et à la couveuse dès les premières heures après la naissance… Moi-même je n’avais pas encore eu mon premier repas… Merci à Carine d’accepter ce témoignage qui me touche beaucoup.
Je m’appelle Carine je suis auxiliaire de puériculture diplômée depuis 2005 et cela fait maintenant 7 ans que je travaille en maternité. Je suis mariée et maman de deux beaux enfants, âgés de 5 ans et 4 ans. J’ai eu plaisir à porter mes enfants avec une écharpe et j’aurai aimé faire d’avantage de peau à peau si j’en avais connu les avantages quand ils étaient bébés. En effet le peau à peau n’était pas utilisé au début de ma carrière.
1) Vous êtes auxiliaire puéricultrice en maternité, racontez-nous un peu votre métier. Est-ce que vous sentez qu’il y a eu des modifications dans votre pratique ces dernières années concernant le peau-à-peau ?
Mon métier consiste à éduquer les parents aux premiers soins de leurs bébés, j’aide également les mamans à mettre leur bébé au sein ou je leur explique comment donner le biberon.
Oui il y a eu des modifications dans mon métier, dans mes débuts on utilisait des incubateurs plutôt que le peau à peau. Petit à petit le peau à peau a fait ses preuves et les incubateurs ont disparu des suites de couche. J’ai pu constater que le peau à peau ne servait pas seulement à réchauffer les bébés mais également à aider les bébés à récupérer de l’accouchement, il aide aussi les bébés dans l’éveil en stimulant leurs appétits que le bébé soit nourris au sein comme au biberon.
2) Est-ce que vous avez eu des formations spécifiques (pendant la formation de puéricultrice ou à la maternité) ? Comment les intégrez-vous dans votre pratique ?
J’ai suivi une formation allaitement et je me suis inscrite à une formation massage bébé. Le but étant d’aider les parents à rentrer en contact avec leurs bébés par le toucher.
3) Est-ce que vous percevez que les mères sont sensibilisées avant d’arrivée à la maternité à l’importance du peau-à-peau?
Je pense que non, j’ai l’impression que les mamans ne sont pas sensibilisées à l’importance du peau à peau au contraire elles ont souvent peur que leurs bébés aiment un peu trop les bras et elle n’imagine pas que le besoin d’être porté est aussi important que le besoin de dormir ou de manger.
4) Quels sont selon vous les principaux avantages du peau-à-peau ?
Pour moi le peau à peau apporte énormément au bébé qui passe d’un milieu liquide au froid qui nous entoure. Il se retrouve contre la peau douce et chaude de sa maman qui augmente naturellement sa température corporelle pour le réchauffer.
Des études ont montrées que les bébés qui sont beaucoup portés vont plus facilement s’intéresser au monde qui les entoure car ils ont acquis suffisamment de confiance en eux et sont assez rassurés pour être curieux du monde extérieur.
A l’inverse les bébés peu portés sont plus inquiets et donc plus collés à leurs
mères.
C’est pour moi une excellente façon de souhaiter la bienvenue à son bébé.
5) Vous avez une culture franco-brésilienne, comment percevez-vous le peau-à-peau en France par rapport à d’autres Pays (ou même les rites de naissance)? Pensez-vous que ça joue sur le fait que vous tenez à cœur la méthode kangourou ?
Je suis née au Brésil et je pense qu’au Brésil on se pose moins de questions qu’en France concernant le portage on est plus dans le ressenti. Le portage est plus naturelle et l’idée du portage ou de la poussette ne se pose pas, la place du bébé est sur ses parents.
6) Que diriez-vous à une maman qui ne veut pas faire « trop » de peau-à-peau avec son nouveau-né de peur qu’il devienne capricieux ? Est-ce qu’un bébé p-à-p demande plus les bras de ses parents que les autres ?
Je lui conseillerai de ce faire confiance et de s’écouter car à chacune sa solution. Pour celles qui ont peur que leurs bébés s’habituent je leurs dirai tant mieux qu’il s’habitue à être entourés et que je suis persuadé que les « adultes tangui » sont justement des enfants qui n’ont pas été suffisamment portés. Plus tu me poses dans mon lit quand je suis bébés plus je m’accroche à
toi par anxiété.