Alcool, tabac et cannabis durant l’allaitement : comment faire ?

Après avoir passé 9 mois à se restreindre, nous avons hâte de pouvoir relâcher la pression une fois notre bébé venu au monde. Pourtant, il y a tout de même des choses à savoir lorsque l’on allaite son bébé

L’allaitement et l’alcool

Les risques de l’alcool durant  la grossesse ne sont plus à prouver mais qu’en est il durant l’allaitement ? L’alcool consommé passe dans le sang et le lait maternel; sa concentration y est la même. En d’autres mots, tant que vous avez de l’alcool dans votre sang, vous avez la même dose dans le lait maternel…

Prendre un verre de vin ou autre alcool dois rester donc occasionnel pendant la période de l’allaitement. Idéalement mieux vaut éviter, mais dans les faits comment faire ? Suivre le bon sens…

  • Prenez « un petit verre ». Si c’est un repas entre amis ou en famille avec plusieurs alcools proposés, choisissez celui qui vous donne le plus envie… et restez très modérée dans la consommation.
  • Évitez de prendre un apéro à jeun, préférez un verre plutôt en fin de repas (avec le fromage ou le dessert). Allaitant ou pas, on sent que l’alcool « monte plus vite » à la tête si le ventre est vide.
  • Il est conseillé d’attendre au moins deux heures après avoir bu un verre d’apéritif pour donner la tétée suivante.
  • Privilégiez un moment durant lequel vous savez que le bébé ne va pas réclamer sa tétée peu après (privilégiez les horaires où les tétées sont un peu espacées, ou juste après la tétée).

Mais que faire si le bébé à des tétées rapprochées ou si vous allaitez et que vous prévoyez de consommer plusieurs verres lors d’une soirée, par exemple ?  Nul besoin de se sentir à l’écart, sans pouvoir goûter le délicieux ti’punch, les bons vins et la coupe de champagne qui seront servis  pour le réveillon de fin d’année ou le mariage de votre meilleur amie. Dans ces cas, il est conseillé d’exprimer votre lait avant de sortir pour pouvoir ensuite le donner à votre bébé… Pensez juste à acheter, louer, emprunter un bon tire-lait avec un peu d’avance et achetez quelques sachets de conservation de lait maternel. (Nous avons en vente chez Mamawear les produits pour conserver et stocker votre lait).

Conservation et stockage de lait maternel

 

Attention : Boire un apéro, puis tirer son lait avec le tire-lait pour « enlever » le lait avec résidus d’alcool ne sert à rien. Mieux vaux prévoir à l’avance et garder quelques flacons ou sachets de conservation de lait.
L’alcool sera éliminé différemment en fonction de la corpulence de la maman. Si vous vous sentez tendue, engorgée (les seins vous gênent), utilisez un tire-lait pour exprimer votre lait… Vous jetterez ce lait qui aura été exprimé. Vous trouverez , dans ce document en lien, un tableau indiquant le temps d’élimination de l’alcool dans le lait en fonction de la corpulence et du nombre de verre bus.
Le sommeil partagé (cododo)  est fortement déconseillé après avoir consommé de l’alcool.

L’allaitement et le tabac

Pendant la grossesse certaines d’entre vous on certainement eu la possibilité d’arrêter de fumer, mais pour un certain nombre ce n’est pas si simple, et quelques cigarettes sont encore consommées.
S’il est vrai que le tabac a un impact négatif sur l’allaitement et le bébé ( des coliques plus importantes, un volume de lait plus faible, une agitation plus importante chez le bébé) il  faut également s’avoir que de nombreuses études ont démontré l’avantage d’allaiter son bébé quand on n’a pas pu s’arrêter de fumer. Ainsi, l’allaitement réduit le risque de mort subite lié au tabagisme passif, et il aide le bébé à combattre le risque infectieux.

Des études grecques, américaines et hollandaises démontrent que après 4 mois d’allaitement les risques d’asthme, bronchiolite et autres pathologies respiratoires diminuent considérablement pour les enfants de mère fumeuse encore allaités au sein… Sans vouloir culpabiliser les mamans, rappelons nous de l’étude norvégienne menée sur 3 238 nourrissons (Nafstad et al. 1996), une référence sur le sujet (infections des voies respiratoires basses) qui démontre que le tabagisme maternel majore le risque de développer une pathologie respiratoire d’environ 80 % pour un nourrisson exposé au tabagisme passif comparé à un nourrisson non exposé.

Pour celles qui pensent qu’elles ne peuvent pas s’en passer de fumer et que le biberon est la seule issue, c’est donc tout le contraire !  Il vaut mieux donner le sein à son bébé quand l’arrêt du tabac est inenvisageable, que de lui donner le biberon.

Dans ce cas il y a quelques règles à retenir:

1) Donner la tétée avant de fumer
2) Attendre deux heures pour donner la tétée après avoir fumé sa cigarette.
3) Fumer à l’extérieur et hors de la présence de l’enfant
4) Diminuer le nombre de cigarettes

La période d’allaitement pourra être une aide précieuse pour amorcer un sevrage tabagique grâce aux hormones de bien-être sécrétées. 

Souvenez vous aussi qu’il existe des sage-femmes spécialistes en tabacologie qui peuvent vous soutenir et vous conseiller dans cette période.

 

L’allaitement et le Cannabis

La consommation de cannabis est proscrite, bien comme l’héroïne, la cocaïne et d’autres drogues… Les psychotropes passent dans le lait maternel et les produits de coupe auxquels ces produits sont mélangés peuvent être aussi particulièrement nuisibles.

Si malgré tout, c’est plus fort que vous et qu’il vous arrive d’avoir envie de consommer un joint, d’une façon occasionnelle, parlez avec un spécialiste bienveillant qui pourra vous conseiller sur  l’intervalle nécessaire à respecter avant de pouvoir donner la tétée suivante à son enfant.  Ce spécialiste pourra, par ailleurs, éventuellement vous proposer une aide pour vous aider à passer le cap (tabacologue, psychologue, addictologue, autres soutiens…). Certains numéros vert ne demandent pas à la personne de s’identifier.

Les études démontrent que le  THC passe dans le lait maternel. Il va se concentrer et être stocké dans le lait maternel. En cas de consommation régulière, on peut en trouver jusqu’à 8 fois plus que dans le sérum maternel. Du THC a également été retrouvé dans les selles d’enfants allaités par des utilisatrices de cannabis.

Les effets de l’héroïne sont particulièrement mal vécus par les nouveaux-nés, donc encore une fois, nous ne pouvons que vous conseiller de vous entretenir avec une personne compétente dans la matière si l’arrêt de la consommation n’est pas envisageable (pour n’importe quelle raison). Selon le CRAT – Centre Référence sur Agents Tératogènes – la prise d’héroïne n’est pas compatible avec l’allaitement

Si vous prenez de la méthadone, elle est compatible avec l’allaitement

http://www.santeallaitementmaternel.com/se_former/aider_vos_patientes/accompagnement/bien_etre_mere/accompagnement8.php

http://coordination-allaitement.org/images/publications/sommeilpartag%C3%A9.pdf

http://www.chumontreal.qc.ca/patients-et-soins/centre-des-naissances-du-chum/allaitement/allaitement-et-tabac-alcool-ou-drogue

http://www.lecrat.org/

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