Déclenchement de l’accouchement : manque d’informations et conséquences pour l’allaitement

Déclenchement de l’accouchement : manque d’informations et conséquences pour l’allaitement

La publication par le CIANE, hier, d’un dossier consacré au déclenchement m’a fait de suite penser à la problématique de l’allaitement car j’ai souvent entendu dire qu’un déclenchement, accompagné d’une péridurale pouvait être des freins lors de la mise en route de l’allaitement maternel. Sujet central pour Mamawear.
Avec cette étude du CIANE, on constate que la nécessité d’informer et de demander un consentement n’est pas encore suffisamment établie. Ce manque induit un vécu douloureux pour les femmes. Ce vécu peut en prime avoir des répercussions sur l’allaitement. L’importance de l’information est primordiale pour les femmes, pour qu’elles se sentent actrices, afin qu’elles connaissent les risques du déclenchement, les risques pour la mise en place de l’allaitement. Elles doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement adéquat afin de vivre la rencontre avec leur bébé dans la sérénité. Car en effet, le manque d’information est pourvoyeur de stress.

Dans un premier temps, l‘enquête du CIANE a montré que :

 » Le déclenchement a été envisagé chez un nombre important de femmes : 40,5% des primipares, 36,3% des multipares. En définitive, il a été pratiqué chez 27,1% des primipares et 20,7% des multipares. Les principales raisons invoquées sont le dépassement de terme (33% en 2013-2014) et d’autres raisons médicales (63% en 2013-2014): l’organisation des services et la convenance personnelle n’apparaissent que de manière marginale.

Mais le point le plus remarquable de cette étude est qu’elle permet de mettre en relation le vécu de l’accouchement déclenché avec le respect (ou non) des obligations d’information et de consentement. En effet, les femmes qui ont reçu une information sur le déclenchement ont vécu leur accouchement déclenché de manière très similaire aux femmes dont l’accouchement a été spontané: 22% l’ont mal ou très mal vécu contre 19% pour les accouchements spontanés. A l’opposé, celles qui n’ont pas été informées sont 44% à l’avoir mal ou très mal vécu. Les résultats sont similaires sur la question du consentement.

Sur ce point, force est de constater que, malgré quelques progrès ces dernières années, on est encore loin du compte: seules 58% des femmes dont l’accouchement a été déclenché entre 2008 et 2014 disent avoir reçu une information préalable et s’être vu demander leur consentement. 15% n’ont pu bénéficier ni d’information, ni d’une demande de consentement, 14% ont seulement reçu de l’information et 14% ont seulement pu donner leur consentement. »

Dans un second temps, quel pourrait être l’impact sur la mise en place de l’allaitement maternel.

La médicalisation de l’accouchement, la soudaineté du déclenchement et donc, le stress engendré par ces pratiques non expliquées, peuvent être un frein à la mise en place de l’allaitement par un blocage du réflexe d’éjection. La survenue d’une césarienne et le risque de séparation maman-bébé peuvent être un second frein.
Ainsi le contact peau à peau précoce entre la mère et son bébé et la mise au sein le plus tôt possible sont utiles pour la sécrétion de l’ocytocine et ainsi inhiber le stress de la mère mais aussi celui du bébé qui pourra avoir reçu des soins médicaux.

Lors du déclenchement, une analgésie épidurale peut s’imposer aux mères (qui auraient peut-être voulu accoucher de façon physiologique) tant les contractions sont soudaines et douloureuses. Ainsi

« L’administration d’analgésiques, pendant la phase de travail puis la phase expulsive risque d’interférer sur la mise en route de l’allaitement, de retarder la première tétée et de faire plus tard obstacle à cette pratique. »  Source OMS

 

Alors, il est important d’informer la mère de ce risque et de la soutenir si la tétée est retardée, de mettre en place là aussi le peau à peau pour stimuler le bébé et déclencher la sécrétion d’ocytocine, de proposer à la maman une position stimulante et facilitante (Biological Nurturing)  pour créer un état de bien-être  et pour que le bébé puisse exercer ses compétences.

Il faut aussi savoir que  » La proportion de césarienne en cours de travail est nettement augmentée pour les accouchements déclenchés (22,8% entre 2008 et 2014/ 9,5% pour les accouchements spontanés). »

Quoi faire en cas de césarienne pour favoriser l’allaitement maternel.

Idéalement le bébé en bonne santé sera positionné en peau à peau sur sa mère. Quand cela n’est pas possible, il sera idéalement en peau à peau avec le papa.
Lors de la mise au sein, le biological nurturing sera, là aussi, une aide précieuse pour maman et bébé car cette position permet une rotation du bébé de 360° autour du sein. Contrairement à la position de coté, la maman n’est pas obligée d’exercer une pression pour maintenir le corps de son bébé contre elle. Il n’y aura pas non plus de pression exercée sur le ventre.

 

Voilà pour mes réflexions du jour. Il y a certainement d’autres aspects à discuter, j’ai choisi la digression sur le sujet de l’allaitement. Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

 

 

 

 

 

3 Commentaires

  1. Bonjour

    Pour mon premier, j’ai dû être déclenchée car j’avais fissuré la poche des eaux et qu’au bout de 24h, le col n’était dilaté qu’à 1 cm.En plus,j’étais positive au streptocoque b, donc le gynécologue m’a expliqué sa décision de déclencher ce que j’ai compris (de plus, je suis infirmière ).
    Je suis entrée en salle à 10h et le petit est né à 23h30 avec forceps (tant qu’à faire, faisons ça en grand ).
    C’était long, mais la sage femme était super;
    malgré la perfusion d’un côté et le tensiomètre de l’autre, elle m’a installée dans un maximum de position pour favoriser la descente du petit et m’administrait régulièrement de l’homéopathie.
    Quand le petit est né,le pédiatre l’a tout de suite ausculté mais au bout de 5 minutes, l’auxiliaire de puériculture me l’auxiliaire installé en peau à peau mais effectivement, il ne s’est pas lancé sur le sein;la sage femme l’auxiliaire mis au sein, mais la reprise du poids à nécessité 24h de plus que la normale.
    Je pense que la péridurale qui m’a soulagée des contractions continues à dû freiner le lancement de l’allaitement.
    Voilà

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  2. Primipare, bébé était en suspicion de macrosomie et était estimé à 4kg voire + à terme. Un déclenchement a finalement été prévu (j’étais seule responsable de ma décision, le corps médical ne s’étant que peu impliqué dans la décision à prendre). Je suis restée 36h à la maternité. Ma puce n’était de loin pas prête, il a fallu faire tout le travail… on l’a fait, ensemble, avec l’aide de merveilleuses sages-femmes. J’ai été tellement bien entourée, j’étais sereine et j’ai vraiment pu prendre conscience de cette naissance, seule dans ma bulle avec mon chéri. Ca a été très fort, très beau, très serein… l’allaitement s’est ensuite très bien mis en place mais j’avais déjà de la chance d’avoir un beau bébé (3,8 kg) et donc d’avoir moins de pression pour qu’elle prenne du poids. La seule chose que je regrette est l’absence d’information lors de ma visite à la maternité sur un déclenchement.

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  3. Bonjour,

    Mes deux enfants sont nés par césarienne:
    – pour le premier, césarienne en urgence après un déclenchement pour fissure de la poche des eaux, 18h en salle de travail, des tentatives de naissance par spatules puis forceps alors que je n’avais pas envie de pousser…nous n’étions pas prêts!
    – pour le second, césarienne programmée avant terme car macrosomie et diabète gestationnel pour moi
    Je fais partie de celles pour qui les césariennes ont été dures à accepter… pour le premier parce que mal informée et faite en urgence, pour le second parce que NON, pour moi, cela n’a rien de naturel d’aller chercher un pti bout de force alors que pour lui ce n’est pas l’heure.
    Dans les deux cas, à la naissance je les ai à peine vu et j’ai atteri seule dans une salle de réveil. J’ai vu mon premier au bout de 2h à peu près, et le second au bout de 3.
    Je les ai allaité tous les deux.
    Par chance, malgré leurs naissances, mes montées de lait ont été rapides, et les mises au sein se sont faites rapidement, sans gêne particulière car je n’ai aucunement souffert de mes césariennes ni des cicatrices d’ailleurs.
    Tout ça pour témoigner à toutes, que oui, on peut vivre des naissances très difficiles, mais en tout cas, en ce qui me concerne, les césariennes n’ont rien changé ni à ma volonté, ni à ma capacité à allaiter mes petits bouts qui s’en sont merveilleusement bien sorti eux aussi pour les premières mises au sein (non sans quelques difficultés mais je pense que c’est pareil pour tous les bébés, quelque soit la « voie » de la naissance).

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