Depuis longtemps j’ai envie d’écrire sur les rencontres que Mamawear m’a permise de faire. Mamawear est non seulement une aventure commerciale, mais principalement une aventure humaine. J’ai eu la chance à travers la création de ce siteweb dédié à la vente de produits pour mères et jeunes enfants de rencontrer nombreuses personnes très intéressantes et d’apprendre beaucoup de choses sur le féminin.
Lauriane est doula dans les Bouches du Rhône. On s’est croisé pour la première fois à la fête de la parentalité alternative. Je ne sais pas si c’est parce que je lisais son blog, ou parce que j’avais entendu parler bien d’elle ou parce je pensais l’avoir déjà rencontrée à Paris pour les Journées des Doulas… Mais bref, Lauriane est une des ces personnes qu’on est content de connaître. A la sortie de son livre je me suis dit « La il faut que j’écrive sur elle ». Lauriane, la voici !
– Lauriane, ton accouchement a été difficile, j’ai l’impression qu’il t’a aussi permise d’accoucher d’une « nouvelle Lauriane ». Raconte-nous un peu.
J’ai vécu une grossesse moralement difficile car je me suis sentie seule, très seule, sans soutien, isolée, perdue… Puis l’accouchement aussi a été éprouvant. Un long travail de plus de 20h avec de fortes contractions… La perte des eaux à 21 heures, dilatée qu’à 1… Je savais que l’attente serait interminable… La sage femme me demande de marcher, me propose le ballon, mais je ne me sens bien nulle part, aucune position ne me convient. J’ai envie que ma fille arrive, point. Ma mère est là, elle me soutient. Ce n’est qu’a 7 heures le lendemain matin que je rentre en salle de travail. L’anesthésiste me pose la péridurale. Au bout d’une heure elle ne fait toujours pas effet. Il m’en pose une deuxième qui me soulagera que quelques minutes, car voilà que mon bébé arrive. Sa tête a du mal à passer… Une épisiotomie et des expressions abdominales plus tard, voilà que j’ai enfin ma petite merveille dans mes bras… Les premiers jours ont été difficiles. Un démarrage à l’allaitement catastrophique, un lien compliqué à se tisser entre ma fille et moi, mon conjoint absent… Je suis vite tombée dans une spirale infernale, épuisée … C’est vraiment quelques mois plus tard, une fois la tête sortie de l’eau, une fois les mots posés sur mes maux, une fois que je me suis sentie moins coupable, que j’ai eu cette impression de renaissance. Je me suis ouverte au monde, j’ai osé parler de ce que j’avais vécu, de ce tabou qu’est la difficulté maternelle, et m’ôter ce poids fut vraiment le début d’un renouveau. J’ai beaucoup cheminé depuis ces cinq dernières années, j’ai travaillé sur moi, sur mes émotions, mes ressentis, mes blocages… Et aujourd’hui je suis vraiment en paix avec cette douloureuse phase de ma vie et arrive à en parler simplement avec le recul nécessaire, et surtout à partager mon expérience avec des femmes et des mères ayant vécu des événements similaires.
– Comment s’est passé ta formation de doula ?
C’est pendant mon congé maternité, en écrivant pour le blog d’une amie event planner, que j’ai découvert le métier de doula. Ce métier a de suite résonné en moi et j’ai décidé de me renseigner sur la formation. C’est en 2013 que j’ai commencé la formation sur Bordeaux. C’était le moment pour moi de m’écouter et de faire ce dont je désirais, quitte à ce qu’il en déplaise à certains.
La formation dure 1 an, à hauteur d’un week end par mois. C’est une formation très riche, qui remue, axée sur les qualités humaines. Beaucoup de moments de partages, d’échanges, de rires, de pleurs, de lâcher prise… Un réel espace dans lequel on se sent légitime de parler avec son cœur sans avoir la peur d’être jugé. Il m’a parfois été difficile de me remettre de certains exercices et c’est aussi pour cela que les modules sont espacés, pour nous permettre à nous stagiaires, de prendre assez de recul et de temps de réflexion avant le module suivant. Il m’a souvent été compliqué de me livrer, de parler de moi dans mon intimité, et de partager mon expérience… Je sais que je n’avais pas encore panser toutes mes blessures, et peu à peu au fil des mois, j’ai évolué, et j’ai compris que je n’étais pas coupable… La formation est vraiment une incroyable aventure humaine dans laquelle on apprend des autres, mais aussi et surtout sur soi et sur nos capacités à ouvrir notre cœur en étant bienveillant et empathique d’abord avec soi-même. Puis je tiens à dire que la formation m’a vraiment ouverte à de nouveaux horizons, si éloignés de ce que j’ai pu recevoir en héritage ou partager avec mes proches… J’ai fait de merveilleuses rencontres, des femmes, des doulas, des amies, avec qui un lien très puissant nous connecte aujourd’hui. J’ai immensément cheminé, et je sais qu’en m’aimant d’abord moi, je serais le plus beau cadeau qu’une personne recevra, dans ma vie privée et dans mon activité de doula.
– Comment définis-tu ton accompagnement?
Je suis une femme, une mère, une amie bienveillante, généreuse, empathique, à l’écoute, maternante et je le suis également avec ma « casquette » de Doula. Je n’ai vraiment pas envie d’être différente, même si bien sûr je sais me détacher de mon travail et me recentrer sur ma vie privée. J’attache une grande importance au non jugement, à l’acceptation de l’autre. Dans mes accompagnements je mis à dispositions certains outils, et je laisse vraiment la femme (mère – couple…) libre dans ses émotions et ses désirs en lui offrant un espace sécure, douillet dans lequel elle se sent bien, apaisée, sereine et en confiance. L’écoute est primordiale. Le conseil n’a pas sa place dans mon activité. C’est vraiment écouter, être là présente, accueillir sans avoir aucune attente.
-Qu’attends tu pour le futur des doulas , as-tu l’impression que les gens comprennent mieux votre démarche ?
Oui, je trouve vraiment que les gens s’intéressent davantage au métier de Doula même si la confusion doula/sage femme est toujours assez fréquente. La presse aussi s’y intéresse et je trouve cela encourageant pour la suite. J’ai été plusieurs fois contactée pour répondre à des interviews et je suis toujours partante car c’est un bon moyen de me faire connaître et de parler de mon activité ! C’est en parlant du métier qu’on arrivera à le faire (re)connaître, et c’est vraiment ce que j’ai envie de faire, ne serait déjà que localement dans ma ville et ma région.
– Parles nous un peu de ton livre. Où peut-on l’acheter ?
« A bout de mère », est un livre dans lequel je parle de ma difficulté maternelle, de mon mal être, de ma maternité, de ma féminité, de ma sexualité, de mon couple et de tout mon cheminement parcouru pour sortir du gouffre dans lequel j’étais et voir à nouveau la lumière. Je me livre à vous avec mon cœur, en toute sincérité et pleine d’émotions. Le combat d’une femme, à bout de mère.
J’ai choisi d’autoéditer mon livre, car il est avant tout un cadeau que je voulais m’offrir pour me guérir et dédier à ma fille. Et aujourd’hui je suis vraiment touchée de voir que de nombreuses femmes et mères se retrouvent dans ce que je livre, et me remercient d’avoir osé briser ce tabou. Alors je choisis d’aller plus loin, de faire connaître davantage mon livre et de le présenter lors de salons. C’est une mission de vie qui me tient immensément à cœur.
– Quel est ton avis sur Bordeaux, se passent-il des choses ici pour les mamans qui partagent l’envie de « mettre au monde au naturel »? Dis nous tes bonnes adresses pour les jeunes parents bordelais et pourquoi. Associations, endroits à visiter, shopping (sans oublier mon site hahahaha).
Je ne vis plus sur Bordeaux, mais c’est vraiment une région ouverte sur tout ce qui touche à la périnatalité et qui propose un large choix de pédagogies, d’outils, d’ateliers respectueux et de façon très naturelle et physiologique. Je recommanderais les yeux fermés l’association Alter Native en Gironde, Handiparentalité, le Centre papillon, le café « les potins de Coline », le Canap’ Café à Langon, la boutique Mama Wear …
Voici le lien pour son siteweb avec lien pour achat, si vous souhaitez vous aussi briser le tabou de la difficulté maternelle : http://aufildemois.wix.com/doula#!mon-livre-/cji5




