L’impact des freins de langue et freins de lèvres trop courts sur l’allaitement est encore trop méconnu par les parents et certains professionnels de santé en lien avec la maternité. J’ai donc voulu vous faire part du très beau témoignage d’une maman qui a été confrontée à ce problème. Car je suis persuadée q’un nombre important de sevrages précoces pourraient être évités si ces problématiques étaient mieux identifiées.
Témoignage de Claire :
Maman de 5 enfants, j’ai été confrontée à la question du frein de langue à la naissance de mon 4è bébé. J’avais déjà 2 allaitements longs derrière moi (2 ans et 18 mois), donc j’étais totalement confiante face à la nouvelle aventure lactée qui nous attendait mon fils et moi. Mis au sein dans les 20 minutes qui ont suivi sa naissance, il n’a pas vraiment pris le sein. Il n’y arrivait pas malgré ses essais. J’ai mis cela sur le compte de la fatigue lié à la rapidité de l’accouchement, pensant qu’il prendrait le sein plus facilement lorsqu’il aurait récupéré un peu.
Pourtant, quelques heures après, les mises au sein restaient laborieuses. Multipare et ayant accouché en maison de naissance, j’ai obtenu de pouvoir sortir de la maternité au bout de 24h avec un suivi en had. Le pédiatre de la maternité est venu examiner mon fils avant mon départ et n’a rien dit au sujet de sa bouche.
48h plus tard et malgré une belle montée laiteuse, mon fils continuait à perdre du poids et à avoir du mal à prendre le sein. Bénévole dans une association de soutien à l’allaitement, j’ai rapidement fait le tour de la situation et me suis posée la question du frein de langue, les autres indicateurs étant au vert.
Sur les recommandations d’une amie, j’ai appelé une consultante en lactation certifiée ibclc spécialisée dans les freins de langue. Après lui avoir parlé au téléphone et dans l’attente du rdv physique qui devait avoir lieu deux jours plus tard, je lui ai envoyé des photos de la bouche de mon fils. Son verdict ne s’est pas fait attendre ! 10 minutes après avoir vu les photos elle me rappelait pour me dire que mon fils avait effectivement un frein de langue très serré mais aussi un sérieux frein de lèvre. L’examen physique de mon fils 2 jours plus tard confirmait le diagnostic.
La bataille pour maintenir l’allaitement était lancée, j’ai commencé à stimuler beaucoup mon fils, me suis forcée à me réveiller très souvent la nuit pour lui proposer le sein autant que possible et même s’il ne demandait pas alors que nous étions en cododo, à tirer mon lait pour continuer à stimuler ma lactation. Et bien sûr, il fallait s’occuper de la frénotomie. Je n’aurais pas de difficultés à faire sectionner le frein de langue m’avait dit la consultante ibclc, en revanche pour le frein de lèvre cela risquait d’être très compliqué, les professionnels de santé y étant réticents. Et pourtant, cette frénotomie était également nécessaire car elle empêchait mon fils de bien ourler sa lèvre supérieure pour bien prendre le sein.
Eh bien, ce fut déjà le parcours du combattant pour la section du frein de lanque. Ma pédiatre ne pratiquait pas, les orl du coin étaient en vacances ou trop complets pour prendre mon fils en urgence, on ne me proposait aucun rendez-vous avant un mois.
Je me voyais mal tenir ce rythme épuisant tout en maintenant l’allaitement avec 4 enfants. En désespoir de cause, j’ai appelé la sage-femme qui m’avait accouchée et qui s’est arrangée pour que le pédiatre de la maternité sectionne le frein de langue de mon bébé (celui-là même qui avait signé sa sortie sans voir ce frein de langue pourtant évident).
Après la frénotomie, j’ai noté un léger mieux, mon fils prenait un peu mieux le sein et reprenait enfin du poids, mais sa position au sein n’était toujours pas idéale. Et la question du frein de lèvre restait ouverte, d’autant que j’entendais tout et son contraire, il faut couper, ne pas couper, j’étais perdue. Je ne voulais pas faire subir à mon bébé une chirurgie qui n’était pas nécessaire, comme toutes les mamans, je voulais juste le meilleur pour lui sans savoir justement ce qui était le mieux, n’étant pas médecin.
J’ai fini par appeler l’orl qui s’occupe habituellement de mes ainés pour lui demander son avis, et il m’a renvoyée sur un grand professeur spécialisé en ORL pédiatrique et exerçant dans un grand centre hospitalier parisien.
Reçue 3 jours après en consultation privée par ce spécialiste, et après avis de son confrère stomato, il m’informait qu’en effet il fallait sectionner le frein de lèvre de mon bébé mais qu’il fallait aussi resectionner le frein de langue, insuffisamment sectionné par le pédiatre de la maternité. La mauvaise nouvelle supplémentaire étant qu’il fallait pratiquer ces opérations sous anesthésie générale, le tissu étant désormais cicatriciel.
L’anesthésiste refusant une hospitalisation de jour pour mon bébé avant qu’il n’ait plus de 6 mois et pèse plus de 7 kgs, l’intervention a finalement eu lieu lorsque mon fils avait 7,5 mois.
Je garde de tout cela une certaine amertume car nos premiers mois ensemble ont été empreints de stress. Stress autour de l’allaitement que je voulais maintenir à tout prix, convaincue que c’était le meilleur pour lui, et stress quant aux doutes que nous avions quant à la nécessité de pratiquer les interventions.
Il est bien dommage que les professionnels de santé et notamment les pédiatres hospitaliers ne soient pas mieux formés à la détection des freins de langue et de lèvre. Non seulement, ce sont de vrais handicaps pour la mise en place de l’allaitement (combien de mamans moins informées auraient baissé les bras pensant que puisque leur bébé n’arrivait pas à prendre le sein il fallait passer au biberon ?), mais les freins de langue et de lèvre ont aussi énormément de conséquences sur la mise en place de la parole et du langage (comment prononcer certains sons quand on ne peut pas tirer la langue ?) mais aussi plus tard sur la forme de la mâchoire et de la dentition définitive.
A la naissance de mon 5è enfant, j’étais par conséquent stressée à l’idée qu’il puisse lui aussi avoir un souci de frein de langue. Mais il a tété tout de suite, eu une prise de poids fulgurante donc j’ai mis mon stress dans ma poche pendant un bon moment, me contentant de profiter de mon tout petit. Et pourtant….. malgré sa prise de poids, et malgré les semaines qui passaient mon bébé pleurait toujours autant après les tétées, avalait énormément d’air au sein, passait des heures à sortir des rots après les tétées. Il n’avait pas de reflux, n’était visiblement pas gêné par l’acidité des régurgitations, mais hurlait à cause de ces rots. Et ça ne passait pas. En fait, il était comme tous mes enfants, il hurlait à cause de rots coincés. Je me demandais ce que je pouvais bien faire de travers pour que tous mes bébés hurlent comme ça après les tétées.
Et j’ai rappelée R, la consultante en lactation spécialisée dans les freins de langue pour qu’elle examine mon 5è bébé. Elle est venue et par chance ce jour-là tous les enfants étaient à la maison. Alors elle a pu voir que dans la bouche de mes 5 enfants il y avait un frein de langue et un frein de lèvre très serrés, et que dans la mienne aussi. Et que sans doute les crises de migraines, dont je souffre depuis des années, étaient liées à ces freins et aux tensions qu’ils entrainaient dans ma mâchoire.
Je suis contente de savoir aujourd’hui. Mon 5è bébé sera opéré aussi mais dans 3 mois parce que le seul orl qui pratique les frénotomies au laser en France est archi-comble. En attendant, j’ai le sentiment que toutes ces souffrances, tous ces pleurs de mes enfants auraient pu être évités si le sujet était mieux connu des professionnels de santé en France. »
Quelques explications issues du site orthodontisteenligne.com
www.orthodontisteenligne.com/enfants/frenectomie-frenotomie-et-frein-lingual/
» Qu’est-ce qu’un frein et à quoi sert-il?
- Le frein est un petit muscle, recouvert d’une membrane muqueuse, qui attache les lèvres et la langue aux os des mâchoires.
- Normalement, les freins sont au nombre de sept mais leur nombre, forme et position peuvent varier.
- La fonction principale de freins est de garder les lèvres et la langue en harmonie avec la croissance des os de la bouche pendant le développement fœtal.
- Les freins qui ont le plus d’influence sur la dentition et l’environnement buccal sont le frein qui attache la langue (frein lingual) et celui qui attache le milieu de la lèvre supérieure (frein labial).
Anomalies et problèmes
Un frein anormal, qui est une anomalie congénitale (génétique), affecte environ 5% de la population et est plus commun chez les garçons que chez les filles.Un frein trop court peut retenir la lèvre supérieure et empêcher de sourire facilement ou normalement. »
Troubles orthodontiques et dentaires :
Nourrissons : Chez les nouveaux-nés, un frein lingual court peur causer des difficultés d’allaitement maternel et il est parfois recommandé de le couper. Entre 20 à 50% des cas de freins lingual court présenteront des difficultés d’allaitement. »
Dans le « Allaiter Aujourd’hui » 95 de la Leche League, nous trouvons des explications plus en lien avec l’allaitement maternel :
« Le frein de lèvre supérieure
Le frein de lèvre supérieure va poser problème lors de la conduite de l’allaitement si son implantation est basse, voire pénétrante vers le palais. En effet, l’implantation basse d’un frein de lèvre réduit énormément la capacité du bébé à « ouvrir grand » la bouche.
Cette réduction d’amplitude d’ouverture de la bouche du bébé, due à la retenue que provoque le frein de lèvre supérieure « bas et serré », « rigidifie » la lèvre supérieure. Le contact du frein avec le sein est décrit par certaines femmes comme la sensation d’une « dent » qui appuierait sur leur sein.
Les conséquences tant pour la mère que le bébé seront en lien avec ces éléments.
Pour la mère :
– douleurs des mamelons (décrites comme des « brûlures ») ;
– crevasses dues au frottement du frein de la lèvre supérieure et/ou de la langue si la prise en bouche est vraiment « trop courte » ;
– risque d’engorgement par manque de stimulation avec une éjection insuffisante de lait ;
– canaux lactifères bouchés, provoqués soit par la force du contact du frein sur l’aréole, soit par insuffisance de drainage du sein à cause d’une prise en bouche trop « courte » ;
– mastites (idem) ;
– toutes les problématiques dues aux lésions du mamelon (Candida albicans, streptocoque). En effet, qu’il s’agisse de micro-blessures ou de crevasses visibles à l’oeil, dès qu’une « porte d’entrée » existe, il y a risque ;
– parfois insuffisance de la lactation par manque de stimulation.
Pour le bébé :
– si insuffisance de lactation, bébé « insatisfait ».
Le frein de langue
Lorsque la langue est soulevée, elle dévoile sa face inférieure. On reconnaît en position centrale le frein ou filet de la langue : il s’agit d’un repli muqueux qui s’étend depuis la gencive linguale jusqu’à la langue. Cette membrane muqueuse médiane unit le plancher de la bouche à la langue, tout en permettant à la partie antérieure de celle-ci de se mobiliser librement.
Le frein de langue va provoquer des difficultés dans la conduite de l’allaitement si son emplacement et/ou sa texture limitent les fonctionnalités de la langue.
L’évaluation se fait à plusieurs niveaux : l’implantation du frein + la texture du frein + l’atteinte des fonctionnalités linguales. »
Un papa témoigne sur le blog de papallaitants. Dès la naissance un frein de langue a été diagnostiqué mais il aura fallu 7 mois pour que le frein de lèvre soit diagnostiqué.
Lorsque malgré une belle montée de lait votre bébé ne prend pas de poids ou en perd, lorsque vous ressentez une douleur au niveau du mamelon accompagnée de crevasses, que votre bébé, qui avale de l’air, est gêné par des rots, insatisfait après les tétées, nous vous encourageons comme toujours à consulter un professionnel de santé formé en allaitement maternel soit certifié IBCLC ou DIULHAM, une consultante en lactation IBCLC, et pour le soutien de contacter une association de soutien.
Et vous, avez-vous vécu ce type d’expérience ?
https://www.orthodontisteenligne.com/enfants/frenectomie-frenotomie-et-frein-lingual/
http://www.lactitude.com/text/Article_1011.html
http://www.lactitude.com/docs/docs/Protocole%20ABM%2011%20-%20Ankyloglossie%202004.pdf





Bonjour
Mon fils a un frein de langue postérieur (type 4), est-il possible d’entrer en contact avec Claire afin d’avoir les coordonnées du praticien qui a effectué la frénotomie
Bonjour
Oui bien sûr je peux vous mettre en contact avec Claire.
Je vous envoie ses coordonnées par E-mail.
Je serai preneuse aussi de toute personne pouvant m’aider. J’habite en franche comte (haute saone) et je ne sais où trouver qqun pour poser un diagnostic et éventuellement pratiquer un freinectomie. Moi bebe a 3 mois, l’allaitement se passe sans trop s’encombre et il prend du poids sans souci mais par contre les tetees sont très longues (parfois plus d’une heure) et sont douloureuses depuis sa naissance, je l’allaite systématiquement avec un bout de sein en silicone…
Merci de votre aide. Cordialement
Mon bébé de 3mois a un frein de langue de type 4, serait il possible d’obtenir les coordonnées de cet Orl ou du moins les coordonnées de Claire. Merci d’avance